Personnages


Pierre Le Gouvello de Keriolet

De grandes aventures faites de querelles et de sacrilèges.

Pierre Le Gouvello de Keriolet naît le 14 juillet 1602 à Auray. Issu d’une bonne famille, il grandit aux côtés de ses trois grandes sœurs. Il va mener une vie de délinquant, grand manieur de son épée et toujours à dos de son cheval. On ira même jusqu’à le surnommer le père fouettard de la région afin de faire obéir les enfants : « Si tu n’obéis pas, on va appeler Le Gouvello de Keriolet pour qu’il te punisse ». Aux alentours de ses 20 ans, il ira voler l’argent de ses parents afin de mener la vie qu’il voulait et s’enfuit. À la suite de cela, il vivra de grandes aventures faites de querelles et de sacrilèges. On dit qu’il était victime de l’orgueil de son intelligence. En 1636, il entend qu’il se passe des choses étranges dans la ville de Loudun puisqu’il y résiderait un couvent de religieuses possédées et se pratiquerait de l’exorcisme. Par curiosité, il s’y rend avec un ami à lui. Pour la première fois de sa vie, il aura le sentiment de ne pas être à l’aise, lui qui était pourtant toujours très sûr de lui.

D’excessif dans le mal, il deviendra excessif dans le bien.

Là-bas, un prêtre lui énumèrera toutes les fois où il a échappé à la mort. Il ne lui en faudra pas plus pour être touché par la grâce et se convertir, en cette journée de 3 janvier. Dès ce jour, une toute autre partie de sa vie va débuter. D’excessif dans le mal, il deviendra excessif dans le bien. Il commencera par échanger ses vêtements avec celui d’un mendiant. Puis, il va transformer le château d’Auray en hôpital pour soigner les plus démunis. Lui qui voulait être le premier en tout, se voudra passer en dernier plan désormais. Il va alors mener une vie faite de prières et d’aumônes. Une dizaine d’années après les apparitions de Sainte Anne à Yvon Nicolazic, la chapelle est en pleine construction et Keriolet va généreusement y contribuer. Suite à cela, l’ancien bandit se fera ordonner prêtre le 28 mars de l’année suivante par Monseigneur de Rosmadec. A l’âge de 58 ans, le 8 octobre 1660, Pierre de Keriolet décède. Il repose aujourd’hui au sein de la basilique de Sainte Anne d’Auray, où une statue à son effigie est visible sur la façade.


Yvon Nicolazic

Né en 1591 dans la paroisse de Pluneret, Yvon Nicolazic est une figure de l’histoire de Sainte Anne. Il grandit dans le village de Ker Anna dans lequel on priait Anne sans explication. Nicolazic lui était dévoué : Il allait à la messe tous les dimanches, disait le chapelet tous les jours, la priait et allait se confesser régulièrement au Capucin à Auray. Il vit alors dans ce village avec sa femme Guillemette Leroux, avec qui malheureusement il n’arrive pas à avoir d’enfant ce qui était un grand drame dans leur vie. Il est aussi l’un des sept paysans des sept fermes que regroupe Ker Anna, un paysan relativement aisé puisqu’il faisait travailler des ouvriers agricoles.

Les premières apparitions.

Sa vie va commencer à basculer pendant l’an 1623, quand il va commencer à voir une lumière, un flambeau. Ce dernier va apparaître d’abord dans sa maison, puis sur la route qui va de Pluneret à Auray. Un jour, en allant à la fontaine hydraté ses bœufs, il verra plus qu’une lumière : Il se retrouvera face à l’apparition d’une dame, vêtue de blanc qui ne dit pas un mot. Bon chrétien qu’il est, il se rend directement chez son recteur à Pluneret pour lui raconter ce qu’il avait vu. Et cela dès que les apparitions vont avoir lieu. Malheureusement, le recteur se positionnera comme un adversaire et ira jusqu’à le menacer et ne plus vouloir lui donner les sacrements. Il en sera ainsi jusqu’au 25 juillet 1624. Ce jour-là, il va avoir une réponse à la question « qui êtes-vous », puisqu’il va entendre « Je suis Anne, mère de Marie, il y avait autrefois une chapelle dédiée à mon nom. Il y a 924 ans qu’elle est détruite, tu vas la reconstruire. ». En annonçant la nouvelle à son recteur, ce dernier le prend pour un fou. Il lui demandera alors une preuve, qui sera trouvée le 7 mars 1625.

La statue de Sainte Anne.

C’est dans la soirée que Nicolazic, qui voit toujours la lumière, entend Sainte Anne lui dire de réveiller ses voisins et de venir avec elle. Il s’exécute et tous arrivent dans un des champs de Nicolazic, le Bocéno. Là-bas, le flambeau va s’arrêter et en creusant, ils découvrent une statue : C’est la statue de Sainte Anne, venant de l’ancienne chapelle tombée en ruines. Le lendemain, il rapporte donc la statue à son recteur. Ce recteur avait un vicaire qui était plus ou moins apparenté à Nicolazic. Ce dernier le rabaissera, lui disant qu’il est la honte de la famille et qu’il ne devrait pas croire à ces balivernes. Il va aller jusqu’à donner un coup de pied dans la statue. Le recteur va être paralysé jusqu’au jour où il ira prier la statue de Sainte Anne et guérira : ce renversement de situation aura permis le commencement des travaux de la chapelle. En 1629, l’évêque de Vannes va faire venir les pères Carmes qui vont accueillir les pèlerins. Ce sont eux qui vont prendre en main avec Nicolazic les constructions puisque certains d’entre eux étaient dotés de hautes compétences. Haute joie, Nicolazic et Guillemette vont finalement avoir quatre enfants. Deux vont mourir en bas âge, et l’aîné, Sylvestre, va être ordonné prêtre mais il mourra très jeune à l’âge de 31 ans. Les années passent, et Nicolazic ne va plus supporter de rester à Ker Anna car il était adulé par les foules. Les gens voulaient le voir, le toucher, etc…  Il quitte alors sa maison de Ker Anna pour aller au bourg de Pluneret. Il va quand même revenir, se faire transporter pour mourir à Sainte Anne, dans une des cellules des Pères Carmes le 12 mai 1645, à l’âge de 54 ans. Il se fera inhumer au pied de l’autel dans la chapelle qu’il avait fait construire et enterré dans la basilique. On peut d’ailleurs voir sa statue sur la façade de la cette dernière aujourd’hui.